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L'histoire de Kathleen

Bombardée durant le Blitz de Londres

Mon nom est Kathleen Brockington. J'ai épousé mon mari en juin 1939 a 23 ans et je me souviens clairement ce jour de septembre quand j'ai entendu le premier ministre nous dire a la radio que la guerre avait commencé.

Pendant les premiers jours beaucoup de personnes étaient vraiment effrayées. Je me souviens de ma belle-mere éclatant en sanglots et mettant son masque a gaz ce premier jour; elle le porta environ une heure mais rien n'arriva et elle l'enleva quand elle s'apercut qu'il l'empechait de boire la tasse de thé que nous lui offrions!

En 1940 les raids aériens commencerent vraiment. Comme beaucoup d'autres dans notre rue nous avions un abri Anderson dans notre jardin, mais il était terriblement humide alors nous primes l'habitude de dormir sous notre grande table en chene. Si les sirenes anti-raids retentissaient le soir, nous les ignorions et continuions a boire notre thé ou a jouer aux cartes jusqu'a ce que nous entendions des bombes se rapprochant, alors nous plongions sous la table pour nous abriter.(Peut-etre devrais-je expliquer que nous vivions a Acton pres de l'usine Rolls Royce produisant les véhicules blindés et les bombardiers essayaient toujours de l'atteindre).

Photograph of people sleeping in the tube La nuit ou je subis un bombardement mon mari était loin en train de combattre le feu aux alentours de la Cathédrale St Paul et de l'extreme est de Londres qui subissait son propre bombardement. De nombreuses personnes dormaient dans le métro apres que le dernier soit parti.

Quand la bombe est tombée je n'étais meme pas sous la table ! J'ai entendu l'avion et reconnu que c'était un Jerry (c'était ainsi que nous l'appelions) car j'en avais entendu tellement. Il y eut un énorme BANG! et j'ai sursauté. Toutes les fenetres tomberent a l'intérieur ainsi que le grenier et quelques murs, et il y eut une fumée incroyable partout. Je tremblais comme une feuille mais je n'étais pas blessée.

J'essayai de sortir mais la porte etait coincée et je dus escalader l'endroit ou se dressait auparavant une fenetre. Je pouvais voir qu'il y avait beaucoup de maisons touchées, du verre partout dans la rue et je sus alors que c'était un grand raid.

Je courus au Poste des Raids Aériens mais le gardien me dit "écoutez madame, nous allons avoir du travail pour dégager les corps, si vous avez un toit vous avez de la chance. Beaucoup ont subi plus de dégats que vous". Assez cocassement, il avait tort ; environ 50 maisons étaient séverement endommagées et quelques unes d'entre elles n'étaient plus que des tas de ruines, mais en fait personne n'était mort.

Je rentrai a la maison et escaladai par la fenetre. Il y avait de la poussiere, du verre et des briques partout mais je dormis sur mon lit toute habillée jusqu'a 6 heures du matin, puis j'allai chez ma mere. J'étais bien sur tres choquée, et inquiete a l'idée que mon mari, en rentrant d'une journée et d'une nuit a éteindre des incendies, verrait la maison et s'imaginerait le pire. Un des voisins de ma mere avait un téléphone et je tentai de savoir ou il était, mais a l'extreme est de Londres c'était le désordre et personne ne savait quoi que ce soit.

Apres quelques mois la maison fut réparée par une entreprise locale (le gouvernement la paya), je pus donc y vivre. Le travail fut baclé. Quand ils terminerent, il y avait toujours de grandes fissures dans les murs, des tuyaux qui dépassaient, de la poussiere et de la saleté partout pendant des semaines; mais comme disait les gardiens, il y avait bien pire et au moins j'étais encore en vie.

Kath Brockington
Aout 1994
Retranscrit a partir d'un enregistrement par Harvinder Jauhal


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