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L'histoire d'Al

Une fete paisible en Essex

 
 

" Toi et Peter pouvez demander une cuillérée de sucre et du thé " disait ma tatan Doll. Nous sommes sortis, frappant a la porte de nos quelques 20 voisins a Larchwood Close, Collier Row, Romford. Deux jeunes de 11 ans, ne comprenant pas encore entierement que les sirenes des raids aériens, les ciels remplis de trainées d'avions, les buzz bombs, les V2, les raids nocturnes, dormir dans la cage en acier appelée " le Morrison " - tous les événements journaliers de notre enfance - étaient vraiment terminés.

Plus de terrains de jeux la ou des maisons et des usines se dressaient la veille. Plus jamais a collecter des fragments bleu-argent étincelants de shrapnel apres des nuits remplies d'explosions, passées a chercher de la lumiere. Nous avions gagné la guerre !

Et il y allait avoir une fete. Une fete dans la rue. Oncle Arthur et tatan Doll étaient déjà en train de l'organiser et de lancer les invitations. Mon copain, Peter Harding et moi présentions nos bassines a chaque voisin lorsqu'il ouvrait. " Nous avons juste besoin d'une cuillérée de la part de chaque invité ". Cette cuillérée manquerait a leur maigre ration hebdomadaire, mais tous la donnerent. Certains décidaient que l'occasion méritait plus et pillaient leurs réserves d'urgence pour les jours pluvieux pour un bidon de lait condensé ou de Spam.

Les bassines se remplissaient rapidement grace au porte a porte alors que nous descendions un coté de la colline raide qu'était la Close, la collecte des extras nous obligeant a retourner plusieurs fois décharger a la base. Ca allait bien. Le virus de la fete incubait, l'infection se répandait et bientôt tous les résidents en montraient les symptomes. " Bonjour " et " bonne matinée " étaient remplacés par " Avez-vous assez de marge ? " " J'ai beaucoup de porcelaine " " Et les cadeaux pour les enfants ? " Des sacs en papier, des boites, des bidons jaunissant barrés a mi-hauteur du " effort de guerre ", des bouteilles. Toutes sortes de choses excitantes s'empilaient dans le hall d'entrée, laissant a peine assez de place pour le vélo de l'oncle.

Soudain, ce fut l'heure de la fete ! Entourant le rond point au sommet de la colline se trouvaient la cuisine et des tables sur tréteaux, des chaises assorties, les caisses de R.White, des boites, des tabourets. Juste en dehors du numéro 19 - notre maison. Des plats remplis de sandwiches, de saucisses, de gateaux et d'autres cadeaux des fours surchargés, couvraient les tables. De la nourriture en réserve attendait sous la mousseline propre. Des seaux d'eau bouillaient sur le gaz pour fournir la matiere premiere d'une infusion douce et délicieuse de fruits de notre collection - thé, sucre et lait étaient versés directement dans les seaux. Des bols de punch en émail chauds et encourageant dans lesquels nous plongions nos coupes.

La fete réconcilia notre troupe - Billy Harvey, Peter, Jean Valentine, Pat Thompson, Roy Simons, Michael Chinnery - riant, jouant, s'asseyant, courant, mangeant, se cachant. Les voisins faisaient un effort pour parler a d'autres voisins, a peine reconnus auparavant, les bras autour des épaules ; machant, buvant, ajoutant aux rire ou se remémorant calmement des souvenirs spéciaux. Le feu fut allumé, donnant rapidement naissance a de grandes flammes cherchant a consumer la pile de bois. Celles qui se détachaient et se ruaient vers le ciel s'éteignaient instantanément. Quand les étincelles s'envolerent avec l'effondrement du tipi de bois constitué, on se mit a chercher tout ce qui pourrait alimenter et prolonger le feu. Vieux papiers, déchets du jardin, barrieres brisées. Meme mon précieux traineau de bois fut sacrifié.

Une grande découverte, accidentelle, fut celle de fragments de feuilles d'amiante issues d'un toit de hangar détruit. Ils exploserent de facon spectaculaire quand nous les jetames dans le feu. Les adultes dirent " tut-tut " mais ne nous arreterent pas. Par la suite, quand le feu fut un tas de cendres grises rougeoyantes, des patates y furent enterrées. Attendant minuit, assis autour - épuisés, détendus, heureux - nous léchant les doigts quand nous enlevions la peau cuite et soufflions sur la chair fumante des patates. Quelqu'un sortit de la margarine et elle dégoulinait le long de notre menton quand nous mordions dans les patates graisseuse, jaunes et salées.

Je suppose que la fete se termina. Je ne m'en souviens pas. J'étais la le lendemain, attristé, mais sans réel regret, retirant des cendres encore rouges les parties en acier de mon traineau. Notre guerre était vraiment finie et la vie recommencait.

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