| Quand j'ai quitte l'ecole, on m'a envoyee travailler a l'usine
d'Osram, j'emballais des composants pour radio. Ce n'etait pas que je voulais
le faire, mais on n'avait pas le choix a cette epoque, on devait juste faire
ce qu'on nous disait.
Je me suis mariee avec mon mari; son metier consistait a transporter des containers et il etait souvent absent. Il etait absent quand mon premier enfant est ne : c'etait une periode difficile. J'ai accouche pendant trois jours - a la maison bien sur, il n'y avait pas de maternite sure a cette epoque. - et quand la sage-femme est venue le deuxieme jour, elle avait amene un melange de gaz et d'air pour soulager la douleur mais cela avait casse au moment meme ou elle l'avait sorti. Juste tombe en morceaux dans ces mains. Cela ne m'a pas servi a grand chose. L'enfant est mort a la naissance. Epuise, pauvre petite chose. J'etais extenuee moi aussi bien sur, et le jour suivant, apres qu'on ai emporte le bebe et que ma mere soit venu a la maison prendre le the, il y a eu un raid aerien pres de nous. Quelques bombes sont tombees assez pres pour faire eclater mes vitres et pour secouer le platre du plafond au dessus de moi, alors que j'etais assise dans mon lit, dans ma chambre, pleurant comme une madeleine, toute seule. Bien sur, j'ai survecu sinon je n'aurai pas pu etre ici pour vous raconter cette histoire. Et mon mari a survecu lui aussi, bien qu'il transportat des citernes a travers la France et la Belgique jusqu'a la fin de la guerre. Nous avons vraiment ete chanceux, compares a de nombreux autres. Je peux encore me sentir bouleversee pour mon pauvre bebe, meme apres toutes ces annees. Rosa Newby |