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L'histoire de Violette

La vie sous l'occupation a Paris

Photographie de Violette en 1943 Il y eut des jours plus tristes que d'autres, avec des couvre-deu a 18-19 heures, ou les gens montaient sur les sieges du metro archi-bonde pour rentrer chez eux. Ils alternaient avec ceux pleins d'espoir, car on ecoutait de Londres "les Francais parle nt aux Francais".

Les paroles d'Hitler n'avaient pas d'impact ; meme le geste du retour des cendres de l'Aiglon (le fils de Napoleon), un sombre dimanche d'hiver, laissait indifferent.

Les records de privation ont ete en 1944 ou gaz, electricite manquaient. Mecanographe a l'epoque, je travaillais la nuit. Pour cela, je prenais le dernier metro vers 9-10heures et rentrai par le premier vers 6-7 heures du matin. On nous donnait un cass e-croute a minuit fait d'un plat de haricots blancs cuits a l'eau, et ce, pendant 5 ou 6 semaines. Les journeaux n'avaient qu'une page, voire une demie. Plus de papier a machine blanc, mais une vulgaire pelure rosee.

Les faux tiquets se vendaient a prix d'or et pour augmenter la valeur en poids du ticket de pain par exemple, un employe grattait les chiffres et en dessinait d'autres a longueur de journee. J'en achetais pour nous, pour ma famille dans l'Yonne, dans l'Herault et meme pour un ami boulanger afin de satisfaire ses clients et son meunier!

Dans Paris aussi, la vie a continue, et ce, 5 annees durant. Les Parisiennes tres elegantes, quand meme, faisaient des miracles ; avec des riens on s'habillait ; on retournait robes et manteaux, l'envers etait moins use que l'endroit ; avec des semelle s em bois articule, on avait des chaussures a talons, magnifiques ; on s'enduisait les jambes d'une pate qui donnait l'impression d'avoir des bas, et pour plus de verite on tracait une ligne sombre imitant la couture. La coiffure, les chapeaux etaient des echafaudages faits de tulle, de violettes, de fleurs, de plumes recuperees. Avec 4 ou 5 vieux sacs a main, on en faisaitfaire un grand, tres chic.

Bref, Paris etait toujours Paris. Les femmes elegantes s'affrontaient sans complexe avec les "souris grises" allemandes, femmes soldats en uniforme. Les theatres, les cinemas, les cabarets montnartrois etaient pleins, en depit des alertes pendant lesquel les on gagnait les abris les plus proches. Il n'y avait pas de lumiere ; peu importe, les theatres ouvraient leur plafond et on jouait a la lumiere du jour. Les occupants aimaent aussi les beaux spectacles. Je me souviens d'une matinee a l'Opera ou l'roch estre, les 1er-2e-3e balcons etaient occupes uniquement par les uniformes verts. En sortant, les crois gammees nous rappelaient a la realite, si on avait pu, une seconde, s'evader dans ce lieu superbe qu'est la salle Garnier.

Violette Wassem
Juillet 1997

Violette a ecrit d'autres histoires a propos de cette periode :

Cette histoire a ete tapee par son petit-neveu Alexandre.
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