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L'histoire d'Helene

La vie sous l'occupation

Photographie d'Helene en 1943 A l'annonce de l'arrivee des allemands, sachant ce que les troupes d'Hitler avaient fait subir aux Sudetes, a la Pologne... la peur panique prend tout le nord de la France, les Belges, et l'on fuit... C'est contagieux et l'on ne pense plus qu'a quitter la maison et tous ses biens, meme les agriculteurs abandonnaient leurs betes, l'on prend avec soi le strict necessaire et l'on se retrouve dans cette cohorte invraisemblable le long des routes, les uns en voiture, a pieds (la majorite), en velo, avec des brouettes... c'est indescriptible. Et nous sommes partis, mes parents avec mon fils, moi avec ma fille et une amie en voiture.

La radio nous mentait, on ne connaissait pas l'avance rapide des attaquants... Nous partons en direction de Saint Pol... des rumeurs nous apprenaient que les "Boches" y etaient deja... Demi-tour, nous essayons de rentrer chez nous, la voiture ou etaient mes parents reussit a rejoindre la maison assez vite... Celle ou j'etais avec une amie tombe en panne d'essence, aucun ravitaillement possible de ce precieux liquide... et nous voici a pieds, par des petites routes de village, fuyant les nouvelles ou se melangaient les fuyards et ceux qui revenaient...

Les allemands s'installent chez l'habitant, mes parents ont du en accepter un, c'etait un jeune officier muniquois parlant le francais comme nous... d'une politesse remarquable. Je me rappelle qu'avant de demenager dans une autre maison, il nous a dit adieu en nous prevenant que si nous devions le croiser dans la rue, il ferait semblant de ne pas nous connaitre et nous devrions faire de meme si nous ne voulions pas sembler s'etre compromis avec lui, en particulier en ce qui me concerne, mon mari etant parti a la guerre.

D'autres ont eu moins de chance, subissant ces etres orgueilleux devant leur avance rapide sans perte d'hommes, sans combat ou presque. Tous les allemands n'etaient pas des brutes sauf les SS, beaucoup subissaient la guerre, nous montrant les photos de leurs femmes et enfants...

Petain envoie les jeunes troupes comme celle ou etait incorpore mon frere jusqu'en Tunisie. Mon mari dont j'etais sans nouvelle revient en France fin 1940, assez malade, reprent l'ecole (dont il etait le directeur).

La vie reprenait un cours tranquille, si l'on peut dire, malgre le joug de l'occupant. Nous, dans les campagnes, on n'a pas souffert de la faim, nous avions des jardins, des poules, des lapins, l'on nourissait meme un cochon... tous les cochons du Nord s'appelaient Adolphe! Et pour survivre l'on devient tres ingenieux, la debrouillardise, le marche noir, tout s'installe...

Helene Delattre
17 Juillet 1997

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Cette histoire a ete tapee par son petit-fils Alexandre.
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